ABIMES.

Publié le 06/05/2012 La dépèche

 

 Thomas Floriot, président d'ABIMES


Comment devient-on spéléologue ?
« C'est tout d'abord une découverte, par le biais d'une balade souterraine ou d'une sortie d'initiation avec des gens confirmés.
Puis si on se passionne, on continue avec des sorties de plus en plus longues, et le matériel adapté, casque, corde, baudrier, descendeur, bloqueur… Après on peut se former au club avec les spéléos diplômés ou en suivant des stages avec la fédération ».
Qui peut pratiquer la spéléo ?
« Tout le monde, petits et grands, enfants, adultes, seniors. Les débutants commencent par les sorties faciles, il suffit d'être accompagné par des gens compétents ».
Quels sont les projets d'ABIMES ?
« Notre objectif à court terme est de valoriser la spéléo et le club en communiquant mieux et plus souvent.
Il nous faut dynamiser l'association et notre activité pour faire venir les gens. Une des prochaines actions sera donc de mettre en place un site internet (si tout va bien dans les 2 mois à venir).
Sinon, en terme de sorties, nous allons entre autres poursuivre l'exploration de la Perte des Combles d'Albi, sur le causse d'Anglars. Nous sommes actuellement à -70 m, mais il reste beaucoup de kilomètres à découvrir ».

 

 Leny Bonsirven, amoureux de la nature


Le feutre noir posé sur une longue tignasse bouclée, un regard malicieux derrière ses fines lunettes, on imagine bien Leny Bonsirven musicien, informaticien ou magicien.
Que nenni ! Leny, c'est la nature qu'il aime, toute la nature, celle qui est sur terre et celle qui est dessous, les cavités, les grottes, les rivières souterraines.
Âgé de tout juste 18 ans, Leny est lycéen du côté de Mazamet et passera en juin son bac pro gestion des milieux naturels et de la faune : « et je compte bien attaquer ensuite un BTS gestion et protection de la nature », affirme le jeune Blayais qui vit le week-end chez papa-maman (quand il n'est pas au fond d'un gouffre) avec ses sœurs Amandine, 26 ans, et Marjorie, 33 ans, ou chez son frère Pierre, 24 ans, à Réalmont : « Pierre et Amandine qui vont bientôt s'essayer à la spéléo ».
Leny avait 14 ans lorsqu'il a découvert ABIMES et la spéléo : « Par 2 copains, Louis et Tristan, membres du club. Comme les activités se déroulaient le week-end et les vacances scolaires, j'étais disponible et j'ai tout de suite attrapé le virus ».
Plus jeune adhérent de l'association : « avec Gauthier », Leny a appris à utiliser un descendeur sur un arbre : « Puis je suis descendu dans un trou (18 mètres), j'avais un peu peur mais tout s'est bien passé ».
Entre nature, rando, via ferrata « J'ai même fait un saut à l'élastique », Leny se sent bien au sein d'ABIMES : « j'aime l'ambiance, la camaraderie, la convivialité. Il n'y a pas d'esprit de compétition ».
Quant à l'avenir, le jeune spéléo, qui n'oublie pas de troquer son chapeau contre un casque lorsqu'il explore, ne peut l'imaginer sans la spéléo et envisage sérieusement de transmettre aux autres sa passion : « Je veux passer mon diplôme d'initiateur et plus tard le monitorat, voire pourquoi pas le brevet d'État ».
Mais tout cela, ce sera après le bac, et quelques canyons et cavités supplémentaires.

 

 ABÎMES: à la conquête de l'espace souterrain


Investiguées il y a peu par Didier Benoît, membre actif de Histoire et Patrimoine du Carmausin, passionné par l'histoire et le patrimoine local, les mines de cuivre de Labenq à Carmaux ont fait l'objet d'une étude topographique des lieux.
Une étude réalisée par Sylvain et Samuel Boutonnet, tous 2 spéléologues au sein de l'Association Blayaise Interactive de Montagne Escalade et Spéléologie (ABIMES) aujourd'hui présidée par Thomas Floriot, aidé dans sa tâche par Christine Boyer, trésorière, et Daniel Dondelli, secrétaire.
Activités principales de l'association qui compte 17 licenciés FFS dont 3 filles, le canyoning et surtout la spéléologie et ses multiples facettes, entre la recherche et la découverte de trous, cavités, galeries et autres gouffres, le sport, la science, l'exploration et l'aventure, qui fascinent et exaltent: «Mais où les risques sont parfaitement calculés et maîtrisés», précise le jeune président âgé de 27 ans, qui rappelle les 2 grands types de pratiques: «la balade souterraine, sur des sites connus, avec ou sans cordes, et l'exploration où l'on part à la découverte de nouveaux sites».
Créée en 1990 par Joël Doat (toujours au club), Gilles Teulade et Laurent David, tous 3 transfuges de l'OURS (Obscurs Univers Rochers et Sentiers), ABIMES proposait à ses débuts, outre l'exploration souterraine, un large panel d'activités de pleine nature, du VTT, du canoë, de la rando montagne et de la raquette. «Au fil des ans, on s'est recentré sur la spéléo et le canyoning, en formant nos membres dont certains sont aujourd'hui brevet d'Etat et 2 sont plongeurs, Dominique Victorin et moi-même qui débute», rappelle Thomas Floriot, qui préside également aux destinées du comité départemental de spéléo.
Et parmi les bonnes habitudes prises par les spéléos blayais, un camp d'été au Moule de Jaout: «où nous avons atteint -650 m», et tous les 2 ou 3 ans une expédition dans l'Atlas marocain. Sans oublier l'exploration de nombreuses zones karstiques du département, le Causse d'Anglars ou la rive gauche de l'Aveyron: «Et entre les sorties, on se change les idées avec quelques escalades, du ski et des ascensions pyrénéennes».