Archéologie

SSPCV

BP 55

81500.LAVAUR 

   

 

LES CARTES ARCHEOLOGIQUE DU DEPARTEMENT DU TARN

En 1976 la Fédération Tarnaise de Spelèo-Archeologie prenait a notre initiative la résolution de construire les cartes archéologiques du Tarn.
Oeuvre essentiellement fédérale et collective, il fut convenu qu'elles auraient pour objet de présenter par époques et de recenser les siles et monuments de notre passe enfouis dans le sol, lisibles a sa surface ou encore érigés, allant de la Préhistoire au début du Moyen Age.
Ces cartes seraient accompagnées de notices brèves indiquant pour chaque site ou monument : sa définition, son importance, son époque, sa bibliographìe. Cette réalisation répondait a notre sens à une triple nécessité. En cette fin du XXe siècle les puissants moyens que l'homme déploie pour remodeler a sa convenance la surface de la terre amènent inévitablement des destructions et il nous a paru urgent de conserver une trace écrite de ce qui constitue la mémoire de la terre : ces archives fragiles qui une fois enlevées ne peuvent plus se relire. Nous avons conscience de sauver ainsi de l'ignorance et de l'oubli -autant que (aire se peut- une richesse culturelle peu ou mal connue -de laquelle nous avons encore beaucoup a apprendre- et qui constitue la trame de notre histoire, La première tâche était donc d'inventorier afin de pouvoir connaître et éventuellement protéger.

Ces nouveaux documents constitueront ainsi pour un département un précieux outil de travail et de référence pour les historiens, les archéologues, les chercheurs et les curieux de notre lointain passé. Un inventaire est en principe complet à sa date de publication, des mises au point sont prévues pour lui conférer un caractère permanent d'actualité.
Un des objectifs majeurs de la fédération a été d'apporter aussi aux instances politiques et administratìves : préfectures, parlementaires, conseillers généraux, maires, services de l'Equipement, de l'Education Nationale, des Affaires culturelles, etc... ou particulières : associations pour la défense et la sauvegarde de la nature et de son environnement historique et humain, un documenl de travail afin de mieux connaitre et estimer le patrimoine loca! et dans certains cas d'en assurer la conservation, la sauvegarde ou la protection.
Cette première carte consacrée aux "Souterrains aménagés" répond à ce triple souci pour un genre de monuments dont le Tarn est riche et qui sont mal connus. Il convenait ainsi dans cette "année du patrimoine" de mettre l'accent sur eux, en un moment aussi où les études propres aux époques médiévales retrouvent une actualité qui a trop tardé à revenir. Viendront ensuite les cartes et textes propres aux mégalithes tarnais, au gallo-romain de notre département et aux périodes préhistoriques.
Nous tenons à remercier autour du Président de la Fédération Tarnaise de Spelèo-Archeologie toutes les bonnes volontés qui ont ceuvré pour la réalisation de ce premier document étudié et mis en forme dans un souci d'observation et de synthèse par Mr Francis FUNK a qui j'exprime, au titre de la Fédération Tarnaise de Spelèo-Archeologie et au mien, toute notre gratitude. Puissent les uns et les autres, pour des motivations diverses trouver dans cette entreprise fédérale une source de connaissances et de réflexions pour mieux saisir l'importance des archives de la terre qui nous a vu naitre et qui reste le souci Constant de nos efforts.
Albi, le 10 Juin 1979. J. LAUTIER Président d'Honneur de la F.T.S.A. Correspondant pour le Tarn des Directeurs des circonscriptions archéologiques de la région Midi-Pyrénées.

 


LES SOUTERRAINS AMENAGES DU TARN


La collection Les guides archéologiques du Tarn est une publication éditée et administrée par le Comité Départemental d'Archéologie du Tarn (CDA).
Le troisième numéro Les souterrains aménagés du Tarn est publié en partenariat avec la Société Spéléologique des Pays Castrais et Vaurais (SSPCV] et le Centre Régional d'Etude el de Documentation des Souterrains (CREDS).
Editeur : Comité Départemental d'Archéologie du Tarn (CDA]
Co-éditeur : Société Spéléologique des Pavs Castrais et Vaurais (SSPCV)

Centre Régional d'Etude et de Documentation des Souterrains (CREDS

 


L'APPORT DE LA FOUILLE (septembre 1998)


L'apport de la fouille publié en partenariat avec la Société Spéléologique des Pays Castrais et Vaurais (SSPCV] et le Centre Régional d'Etude el de Documentation des Souterrains (CREDS).
Le département du Tarn est riche de vestiges archéologiques de toutes époques. Le tissu associatif, bien organisé et réuni autour d'un comité départemental depuis de nombreuses années, a permis l'éclosion de nombreux travaux et publications.
Les souterrains, nombreux dans le sud ouest tarnais, longtemps considérés comme « vestiges mineurs » de notre passe, retrouvent depuis quelque temps, au sein d'une société rurale médiévale très mal connu, un regain d'intérêt parfaitement légitime.
Dés la seconde moitié du XIX ième siècle, historiens et érudits locaux multiplient recherches et articles dans les revues locales. Peu de travaux rigoureux ont été consignés, ils créditent de façon presque systématique, les souterrains à l'habitat de l'age de pierre ! Il est vraisemblable que nombre de découvertes Jurent suivies de travaux de terrassement, destinés à l'exploration. Episodiquement la vénérable « Revue du Tarn » fait état de ces découvertes. émaillées d'hypothèses grandiloquentes. Du mobilier, mal étudié et aujourd'hui perdu, sort également de ces anarchiques interventions.

La première fouille connue. ayant fait l'objet d'une certaine rigueur, est réalisée dans la commune de Fiac, près de Lavaur. au début de la seconde moitié du XIX ième siècle. La polémique habituelle s'installe, entre les préhistoriens et les médiévistes. Ceux ci, visionnaires, sont la cible de critiques acerbes. Bien entendu nous ne connaissons qu'une fraction de l'ensemble des interventions, dont beaucoup restèrent anonymes, voire clandestines !
La présente publication n 'est donc pas en mesure de retrouver, de façon exhaustive, l'historique de toutes les fouilles, ou simples désobstructions exploratoires, de notre département.
Les vingt dernières années voient la situation se clarifier, dans la mesure ou seules deux ou trois associations interviennent sur le sujet et ou les agissements « sauvages » se raréfient. grâce aux lois protégeant l'archéologie.
La première partie décrit les travaux d'inégale valeur, sur lesquels nous possédons le plus de détails. Elle conduit aux derniers travaux réalisés par le CREDS, dans les meilleures conditions possibles.
La deuxième partie fait étal de quelques particularités, relevées dans des opérations plus anciennes et pour lesquelles nous ne possédons que peu d 'argumentation.
Certains travaux nous sont parvenus très diffus, par simple tradition orale. Une exception pour le souterrain du Mouysset, fouillé partiellement par l'ASCA (1) dans les règles de l'art et pour les souterrains de La Peyre et des Lices, fouillés par le CAP (2).
Malgré ses lacunes. nous pensons que notre publication fera oeuvre utile. Elle rassemble l'essentiel des données archéologiques de terrain, recueillies dans le Tarn depuis des décennies. Elle permet une large nomenclature des structures. artefacts et mobilier archéologique. Elle permet surtout la comparaison de nombreux paramètres et leur étude statistique.
L'interprétation bien que restant prudente, offre de nouvelles propositions, rendues possibles par la diversification des recherches locales et leur comparaison au niveau national.
Depuis quelques années. le souterrain est pris en compte avec son environnement. Les résultats de fouilles de surface. associées au monument lui même. montrent bien l'intérêt de telles opérations pour l'avancée des connaissances du monde rural médiéval. Notre obstination, quelquefois décriée, était donc justifiée !
(1) Achéo Spéléo Club Albigeois
(2) Club Archéologique de Puylaurens

 

INVENTAIRE DES SOUTERRAINS DU TARN (mars 2000)


L'inventaire des souterrains aménagés du Tarn est publié en partenariat avec la Société Spéléologique des Pays Castrais et Vaurais (SSPCV] et le Centre Régional d'Etude el de Documentation des Souterrains (CREDS).
C'est en 1989, dix ans déjà, que nous décidions de réactualiser l'inventaire des souterrains du Tarn, dont la dernière version datait de 1979. Celle-ci ne prenait en compte, pour chaque site, qu'une description très sommaire, une topographie dépouillée et ne donnait sur l'environnement géographique et historique que de rares précisions. De nombreux souterrains découverts depuis 1979 restaient inédits.
Le Tarn peut être divisé en trois zones où les souterrains sont présents. Elles sont fondamentalement différentes.
Au nord-est, dans les cantons d'Alban, Valence, Valderiès et Villefranche d'Albigeois notamment, une trentaine de souterrains ont été répertoriés et publiés (1). Ils appartiennent au "type Ségala". Nom donné par un terrain au sous-sol schisteux, débordant largement en Aveyron. Ces ouvrages sont particuliers. Ils constituent un phénomène topographiquement très homogène, qui diffère beaucoup des souterrains aménagés, présents dans plusieurs régions d'Europe et que l'on rencontre en quantité, dans l'ouest et le sud-ouest du Tarn. C'est dans cette zone, qui couvre à peu près sept cantons, que se concentrent deux cent cinquante cavités, soit les trois quarts du patrimoine départemental. Reste enfin une bande centrale qui va du canton de Cordes au nord à celui de Cuq-Toulza au sud, en passant par Gaillac, Lautrec et Puylaurens.

Contrairement au sud-ouest, où les terrains molassiques encaissent la totalité des souterrains, ces cantons centraux offrent de grandes superficies de sédiments calcaires. C'est peut être l'une des raisons qui fait que les souterrains se raréfient et même tendent à disparaître à l'est de la zone?
C'est à l'évidence à l'ouest du département que s'étend le terrain le plus favorable et le plus richement doté, y compris dans les cantons de Castelnau-de-Montmiral, Salvagnac, Lisle-sur-Tarn, Rabastens, Lavaur, Graulhet, St-Paul-Cap-de-Joux. C'est dans ces trois demiers cantons, que nous appelons le " Pays Vaurais ", déjà bien prospectés de longue date (2), que commença la réactualisation projetée.
Le travail dura trois ans et permit le recensement d'une centaine d'ouvrages. Faute de financement suffisant, la publication se limita à un volumineux rapport en deux tomes, déposés au Service Régional de l'Archeologie à Toulouse et au siège de la SSPCV à Lavaur (3).
Les cantons de Lisle-sur-Tam et Rabastens, qui totalisent à peu près le même nombre de références, furent publiés début 1998, sous une forme comparable à la presente livraison. Restaient donc Castelnau et Salvagnac, riches de soixante quatre souterrains, qui nécessitèrent deux ans de recherches.
Ces dix années peuvent paraitre longues à certains. Elles se justifient eu égard aux difficultés rencontrées. En effet, il faut prendre en compte de nombreux facteurs et en partìculier celui qui rythme la disponibìlité d'une équipe de bénévoles, occupée de longs mois à la fouille archéologique et aux opératioris de sauvegarde. Il faut également composer avec les caprices de la mèteo, la mise en cultures des espaces agricoles et attendre autorisations et fìnancements. Il ne faut pas sous-estimer aussi la charge de travail, qu'elle soìt de terraìn ou rédactionnelle. Elle se complique souvent, à cause du peu de cas que font certaines personnes de notre démarche. Beaucoup de souterrains ont disparu, victimes d'une agriculture industrialisée particulièrement dévastatrice, qui peu à peu s'est généralisée. Il faut donc tenter de faire surgir de la mémoire des hommes les témoignages disparus. La discrétion, toujours de règle dans les meilleurs cas, peut tourner à la réticence et pire encore au mauvais vouloir ! Ces contacts un peu démoralisants, heureusement les plus rares, témoignent à l'excès que l'approche du XXIe siecle n'a pas encore évacué les vieux démons et les mystères inspirés par le monde souterrain.
Malgré tout cela, la démarche reste passionnante. Nous pensons qu'elle est utile, plus que jamais, au méme titre que les opérations de sauvetage menées parallèlement (4). Les chiffres sont là pour nous en convaincre : moins de vingt souterrains restent encore visibles dans les deux cantons, huit d'entre eux seulement offrent une visite présentant un intérèt, avec des structures significatives. Il faut préciser que trois de ces vestiges ont bénéficié de mesures récentes de protection (5).
Faut-il en conclure que notre inventaire sera le dernier qui offre quelque chose à voir ?


(1) Louis Malet - Souterrains du Bas Segala, Société des Sciences Arts et Belles- Letttes du Tarn, Albi, 1990, Revue du Tarn, n° 137 a 140. (2) Robert Coustet - Vestiges souterrains du sud et de l'ouest du Tarn, Revue du Tarn, 1962, n° 28. (3) Une publication est prévue après mise à jour en 2001. (4) Une douzaine de souterrains tamaìs depuis 1980. (5) Pounxellos, St-Angel, Brugnac.

 

INVENTAIRE DES SOUTERRAINS DU TARN Tome 3(décembre 2001)

L'inventaire des souterrains aménagés du Tarn tome 3 est publié en partenariat avec la Société Spéléologique des Pays Castrais et Vaurais (SSPCV] et le Centre Régional d'Etude el de Documentation des Souterrains (CREDS).

Bien qu'inévitablement imparfait, cet inventaire se veut exhaustif, ou presque !... Il constitue en tous cas un état des lieux dont la précision n'a jamais été égalée dans le secteur traité.
Malgré l'intérêt qu'ils portent aux souterrains depuis plus d'un siècle, historiens, archéologues et le plus souvent spéléologues, n'ont jamais réussi à octroyer à ces monuments un statut patrimonial suffisamment crédible, qui les mette à l'abri d'une disparition programmée.
Parallèlement à nos actions de sauvegarde, nous dénonçons depuis plus de vingt ans l'indifférence quasi générale qui prévaut, on ne sait trop pour quelles raisons, face aux atteintes fatales et souvent évitables, que subit à grande échelle le patrimoine creusé de notre pays. Cette situation faut-il le rappeler, n'est pas réservée aux seuls souterrains aménagés.

Dans ce contexte, il va sans dire que les inventaires étaient une priorité. Nous disons bien « étaient » car cette louable mission devient impossible, tant les sites disparaissent rapidement en milieu rural. Ils tombent dans l’oubli au même rythme que sont rayés des vivants, les générations de paysans nés avant la mécanisation.
Les méthodes actuelles, majoritairement vouées à l'agriculture céréalière de type intensif, en agrandissant démesurément les parcelles et en recyclant les fermes ancestrales en résidences secondaires, portent en quelques décennies, un coup irréversible à la mémoire collective accumulée depuis des siècles.
Il nous faut avouer que si nous n'avions bénéficié de prospections anciennes et d'une documentation pieusement conservée, la présente livraison aurait été réduite à une peau de chagrin. Oui il faut le savoir, bon nombre de sites décrits n'existent plus depuis longtemps !
Nous ne nous plaindrons pas de la complexité de la tâche, tant nous la considérons urgente, utile et passionnante. Il faut tout de même savoir qu'elle n'a pas été facile.
Les raisons déjà invoquées se compliquent du fait que la démarche indiffère. Pire parfois elle dérange et peu nombreuses sont les personnes qui acceptent de parler des souterrains sans apriorisme. La crainte, ou l'imagination, s'interposent souvent entre les familiers de ce " monde des ténèbres " que nous sommes et les interlocuteurs d'un instant : propriétaires fonciers, fermiers et même élus locaux, qui cultivent parfois jusqu'à l'irrationnel méfiance et suspicion.
Bâti sur des bases souvent connues mais imprécises, notre travail a privilégié l'enquête de terrain sous toutes ses formes. Tous les sites repérés ont été vus ou revus, certains plusieurs fois. L'environnement géographique, historique et archéologique a été décrit chaque fois qu'il présentait de l'intérêt. De nombreuses prospections de surface après les labours, autour des souterrains, ont complète l'investigation environnementale souvent très instructive.
La consultation de cartes et de nombreuses références bibliographiques a permis de débusquer, outre les informations spécifiques au contexte archéologique local, quelques faits historiques, économiques, socio politiques, toponymiques, etc., qui éclairent bien au delà du phénomène des souterrains, particulièrement discret dans la mémoire écrite.
Beaucoup de sites inédits viennent compenser le rejet de quelques souterrains, dont nous n'avons pu confirmer l'existence.
Il est probable que la liste obtenue pourrait être légèrement abondée, si certaines personnes ne faisaient pas de la rétention d'informations.
Le présent inventaire couvre les trois cantons d'un vaste terroir nommé « Pays Vaurais ». Il est le tome n° 3 de l’inventaire général des souterrains du Tarn, réactualisé à partir de 1998.
L'ensemble du travail réalisé depuis cette date, avec 285 sites étudiées, représente environ 85 % du potentiel global estimable de notre département. Les 15 % qui restent sont répartis dans une dizaine de cantons du nord, du centre et du sud tarnais. Cette zone constitue la limite sud européenne du phénomène "souterrain aménagés".
Les notices descriptives peuvent dérouter les adeptes du texte " scientifique aseptisé, au vocabulaire riche en termes spécialisés. Le style narratif choisi, nous a paru en effet plus apte a évoquer la foule de détails et d'anecdotes, qui enrichissent la stricte démarche archéologique.


1 : Quelques rares exceptions dans l'Aude, les Pyrénées Orientales et la Catalogne espagnole.